|
Les Vins en Ombrie
L’Ombrie est une terre riche de
traditions, de culture et d’art, qui donne à ses habitants une grande
qualité de vie. Cette situation privilégiée se retrouve également dans les
produits du terroir, qui se distinguent par leur simplicité, leur qualité et
leur authenticité. Le vin est un des produits les plus appréciés de la
production agricole ombrienne ; cette région, où abondent les précipitations
en hiver et qui bénéficie d’un ensoleillement important en été, est
particulièrement favorable à la viticulture. Il y existe une grande variété
de microclimats qui rendent la production très diversifiée. La longue
tradition de culture de la vigne est également transmise par les producteurs
ombriens qui en sont dépositaires, comme le témoigne le Musée du Vin de
Torgiano. La grande qualité des produits fait que, dans cette petite région
qu’est l’Ombrie, on compte onze vins AOC et AOCG.
Montefalco Sagrantino AOCG
Au sud de Pérouse, sur la commune de
Montefalco, et sur une partie des communes de Bevagna, Gualdo Cattaneo,
Castel Ritaldi et Giano dell’Umbria se trouve le vignoble du Sagrantino
(vins rouge et blanc). Pline le Vieux mentionnait déjà dans son Histoire
Naturelle le cépage « Itriola » caractéristique de la région : « Itriola
Umbriae Mevanatique agro peculiaris est » ; Le cépage a aujourd’hui
disparu, mais il est sûrement l’un des ancêtres du Sagrantino. L’origine de
ce cépage reste incertaine, cependant deux hypothèses sont plausibles : la
première serait l’introduction du cépage par les Sarrasins qui poussaient
leurs incursions jusqu’à cette zone, et la seconde par les frères
franciscains de retour d’Espagne. Le vignoble du Sagrantino produit du vin
sec et du vin de paille. Le Sec est obtenu après vinification du jus des
raisins Sagrantino exclusivement, suivie d’un vieillissement d’au moins
trente mois, dont douze en fût. Le vin de paille est issu de la vinification
du jus de raisins de type Sagrantino exclusivement, qui, à peine cueillis,
sont mis à sécher sur des claies spéciales dans un local aéré. Dans les
premiers jours de l’année suivant la récolte vient la vinification, avec une
longue macération effectuée selon les méthodes traditionnelles.
Torgiano Rosso Riserva AOCG
Le cépage du vin Torgiano est situé sur
la commune du même nom ; il tire son originalité du fait que les collines
sur lesquelles poussent les vignes présentent un sol constitué d’argile
sableuse et calcaire sur une base tufacée. Il n’existait à l’origine que
deux types de vin, un vin rouge et un vin blanc. Aujourd’hui la production
s’est amplifiée et diversifiée, et comprend une importante série de vins
issus de la vinification des raisins du cépage exclusivement, dont une
variété de vin mousseux.
Durant l’Antiquité, les vignes étaient
cultivées mariées à l’ormeau, selon la tradition étrusque et romaine. La
production est depuis toujours extrêmement protégée, comme en témoignent les
Statuts de Torgiano de 1426 qui prévoyaient de sévères sanctions en cas de
dommages portés aux vignes d’autrui.
Le Torgiano Rosso Riserva fut le
premier vin à obtenir l’AOCG en 1990, comme il avait déjà été le premier en
Ombrie à obtenir, en 1968, l’AOC. Le célèbre œnologue Veronelli le comptait
parmi les 32 meilleurs vins du monde. On peut visiter dans la ville de
Torgiano le Musée du Vin, à l’intérieur du Palazzo Graziani Baglioni, dans
lequel on peut trouver de nombreuses pièces et écrits se rapportant aux
techniques de la viticulture et de la vinification en Ombrie. Les pièces du
Palazzo contiennent également de nombreux objets étrusques et romains
(broches, vases, bronzes, amphores, etc…). Il contient encore une collection
unique de pièces de faïence, du Moyen Age à nos jours. Tout ceci est
complété par une bibliothèque du vin renfermant des textes du XVIe
s., et contenant notamment de nombreuses informations sur l’usage du vin en
pharmacie.
Orvieto et Orvieto Classico
Le vin d’Orvieto est sans aucun doute
un des vins blancs les plus célèbres et les plus appréciés des grands
connaisseurs. Les étrusques le produisaient déjà, en le laissant fermenter
de nombreux mois dans les caves en tuf de la région. Au Moyen Age et à la
Renaissance, il fut un des vins préférés de la cour papale, ce qui lui valut
le surnom de papaliter ; Grégoire XVI voulut que son corps fut lavé
avec ce vin avant son inhumation. Il a retrouvé son importance lors de
l’édification du Duomo, non pas parce que les ouvriers en exigeaient une
quantité gratuite, mais parce qu’elle apparaissait explicitement dans les
contrats. Ainsi, lorsque Luca Signorelli fut chargé de la construction de la
chapelle de San Brizio, en plus des 575 ducats fut prévue la remise de 12
outres de vin (environ 1000 l.)
On raconte également que Garibaldi,
avant de quitter le port de Talamone pour la Sicile, a trinqué à la réussite
de son expédition avec ce vin. Le vin d’Orvieto est obtenu à partir de
différents cépages (trebbiano toscano, verdello, grechetto, drupeggio), et
donnent une grande variété de vins dont le plus connu est le vin moelleux.
Ce vin fort prisé est issu de l’action d’une moisissure noble, la
Botrytis cinerea. Cette moisissure particulière se forme sur les grappes
avec le brouillard d’automne, et dilate les pores de l’enveloppe des grains
sans la faire éclater, provoquant ainsi sous l’action du soleil
l’évaporation de l’eau contenue dans les grains dont elle se nourrit. Le
moût ainsi obtenu est très sucré et contient une grande concentration de
composés aromatiques. Le raisin se récolte relativement tard, afin que la
maturation soit complète ; la fermentation a alors lieu dans des fûts
d’assez petite taille, entreposés dans les grottes de tuf ; Dans ces fûts,
le vin se conserve durant 3 ou 4 ans.
L’huile d’olive extra vierge
Les premiers à cultiver l’olivier en
Italie furent les Etrusques ; au premier siècle avant JC déjà, ils faisaient
partie des meilleurs producteurs agricoles de la région, tant et si bien que
Otricoli était un port très réputé dans le commerce de l’huile, situé sur un
ancien méandre du Tevere, ensuite enterré pour la déviation du fleuve. C’est
de là que l’huile rejoignait la capitale. Il reste de nombreux vestiges
témoignant de la grande qualité de l’huile d’Ombrie, et de l’utilisation
étendue qu’on en faisait, tels que les doliums (containers romains
traditionnels) (…), trouvés à proximité de villes romaines situées entre le
Tevere et le Nera.
|
|